Créée suite à l’implantation de la compagnie impériale du chemin de fer franco-éthiopien au début du 20ième siècle sur un établissement humain plus ancien, Dire Dawa est aujourd’hui la deuxième ville d’Éthiopie par la population de son agglomération : celle-ci est composée à 46% de Somalis, 26% d’Oromos, et regroupe un total de 1 600 000 habitants.
Située à une altitude de 1276 m sur les premières hauteurs des plateaux éthiopiens, elle surplombe la vallée aride qui rejoint Djibouti quelque 150 km plus loin. Elle a constitué pour un temps le terminus de la seule voie ferroviaire reliant l’Éthiopie à ce pays, par cette situation géographique, elle a ainsi fortement contribué au développement des relations commerciales avec ce pays maritime, par lequel aujourd’hui transitent 90% des importations nationales.
Cette voie a naturellement été rapidement prolongée jusqu’à Addis Abeba. En 2016, la ligne à voie unique a été remplacée en 4 ans par une double voie électrifiée, construite par les Chinois.
Dire Dawa est aussi la seule ville d’Éthiopie dont la structure urbaine présente les caractéristiques urbanistes d’une cité coloniale.
La compagnie ferroviaire y avait installé ses ateliers de réparation et d’entretien du chemin de fer, ce qui explique la présence encore actuelle de français.
Harar Jugol est située à 1855 m d’altitude, à environ 50 km de Dire Dawa. C’est une cité historique qui est qualifiée de quatrième ville sainte de l’islam. Elle a été fondée au 15ième siècle et fortifiée par une succession de rois, dont le plus connu est très certainement l’imam Ahmed Ibn Ibrahim Al Ghazi, qui en fit la capitale du sultanat somali de Adal qu’il dirigea.

Elle a ainsi constitué le point de départ des attaques contre les chrétiens, et les campagnes de destruction menées par cet imam Ahmed Ibn Ibrahim Al Ghazi, parties de Harar, faillirent bien faire disparaître le royaume chrétien. C’est l’aide des portugais en 1541 qui en a évité l’anéantissement. Affaiblie entre les 16ième et 18ième siècles, elle a reconquis ensuite son importance.
Pendant des siècles, les missionnaires musulmans de Harar ont propagé l’islam. C’est ainsi que la ville abrite une centaine de mosquées et sanctuaires consacrés à des saints musulmans.






Harar comporte aussi des maisons anciennes, dont certaines dues à des immigrés indiens arrivés au 19ième siècle. Les couleurs qui les habillent contribuent un peu plus à l’impression de dépaysement de certains quartiers.
C’est donc pour toutes ces raisons qu’elle a été classée en 2006 au patrimoine de l’humanité par l’UNESCO.

Arthur Rimbaud s’est établi à Harar comme négociant de décembre 1880 à décembre 1881 dans une somptueuse bâtisse.
Une longue tradition consiste à nourrir de viande les hyènes tachetées et leur permettre de pénétrer la nuit dans la ville pour y faire du « nettoyage ».
