Le Tigré

Le Tigré est une région de hauts plateaux montagneux et de basses plaines, située dans l’extrême-nord de l’Éthiopie. Il est bordé au nord par l’Érythrée, son ennemie de longue date, indépendante depuis 1993.

Le Tigré a joué un rôle majeur dans l’histoire religieuse de l’Éthiopie et constitue un haut-lieu touristique. Sa ville d’Aksoum, classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO,  a été le cœur de l’Éthiopie antique, dont le puissant royaume du même nom fut christianisé par l’Église égyptienne au 4ième siècle.

La région est également réputée pour ses nombreuses églises séculaires creusées à même la roche, au sommet d’éperons rocheux parfois spectaculaires, ainsi que la mosquée Al-Nejashi, un lieu de pèlerinage pour les musulmans.

Aksoum

La ville d’Aksoum a été convertie au christianisme sous le règne du roi Ezana vers l’an 300, après l’Arménie et la Géorgie. Aksoum était un empire commercial centré sur l’Érythrée et commerçant en mer Rouge.

Le royaume a été conquis au 10ième siècle par la reine juive Judith. Elle régnait alors sur le royaume voisin du Simien, appelé aussi royaume des Bêta Israël, dit encore royaume des Falasha, créé au 4ième siècle après J.C. L’âge d’or de cet ensemble royal se situe entre 860 et 1270, date à laquelle la dynastie chrétienne Salomonide a été restaurée.
Trois siècles d’affrontements armés s’en sont ensuivis, et après l’éviction des musulmans d’Éthiopie, l’empire a déclaré la guerre au royaume juif, qu’il a annexé en 1627.

Les tombeaux des rois étaient ornés de stèles monolithes :

  • La plus grande, aujourd’hui brisée, mesurait 33 m.
    Elle est sculptée sur ses 4 faces.
  • La seconde mesure 26 m.
    Elle a été emmenée en Italie qui l’a restituée et remise en place.
  • La troisième qui est en place mesure 23 m.
    Elle est sculptée sur 3 faces.
    C’est celle du roi Ezana.
Dans l’ensemble du site de May Hedja, 200 stèles et obélisques ont été mis au jour.
Ce site a été classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.

Au sud-ouest de la ville d’Aksoum, on trouve les vestiges du palais du roi Caleb.
Au nord-est de la ville, une piste conduit à la tombe supposée de ce roi. Elle longe la citerne de May Shum, construite par la reine de Saba, et qui sert de baptistère lors de la fête religieuse du Timket.

La cité antique de Beta Seneti située à 50 km d’Aksoum a été occupée entre 750 avant J.C et 650 après J.C. Elle est supposée avoir joué un rôle important dans les échanges commerciaux entre Aksoum et les nations de la mer Rouge.

Les églises rupestres

Dans un étroit périmètre au milieu des montagnes majestueuses du Tigré, on décompte environ 120 sanctuaires rupestres, creusés dans la roche-même. Pour la plupart monolithiques, avec des dessins en partie inspirés de l’architecture classique, ils sont souvent situés au sommet de falaises ou de collines escarpées, pour des raisons de sécurité.

Sentier menant à la chapelle
de Maryam Korkor
Monastère
d'Abreha We Atsbeha
Église de Maryam Wukro,
près de Nebelet
Monastère
d'Abreha We Atsbeha
Entrée de l'église
d'Abreha We Atsbeha
Église de
Maryam Korkor

Certains de ces sanctuaires sont facilement accessibles…
tandis que d’autres, situés plus en hauteur, nécessitent de longues expéditions (marche, escalade, passages vertigineux, …) et demeurent ainsi quasiment inconnus des étrangers.

Pour exemple, l’église de Maryam Dengelat est même devenue inaccessible au fil du temps, suite à des éboulements successifs qui en ont définitivement obstrué les voies d’accès.

Fondé au 6ième siècle par Za-Mikael Aragewi, l’un des 9 saints évangélisateurs de l’Éthiopie, le sanctuaire de Debre Damo est uniquement accessible en l’escaladant à l’aide de cordes en cuir d’une longueur de 25 m.
Il abrite une communauté de plusieurs centaines de moines et fait l’objet d’un pèlerinage le 24 octobre de chaque année.

Ces édifices religieux d’une époque ancienne témoignent de l’influence des neuf saints évangélisateurs de l’Éthiopie, qui diffusèrent la religion chrétienne dans le pays au 5ième siècle après J.C.
Ils offrent ainsi un témoignage véritable des scènes des temps bibliques. Leurs murs intérieurs sont ornés de remarquables fresques tout en couleurs.

L’Église éthiopienne a harmonisé les droits d’entrée dans ces églises. Compte-tenu du caractère sacré de ces sites, le retrait des chaussures est obligatoire.